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ANR COMANCHE

Interactions écosystémiques et impacts anthropiques dans les populations de COquilles Saint‐Jacques (Pecten maximus) de la MANCHE

Equipe 5 : Diversité et Interactions dans les Ecosystèmes Côtiers
2011 - 2014
Type de programme: 
National/Régional

La coquille Saint‐Jacques européenne Pecten maximus constitue pour les pêcheries françaises la première espèce débarquée en tonnage, et la deuxième ou troisième en valeur. La Manche représente plus de 90% de ces débarquements : l’exploitation de cette espèce y est donc vitale pour les flottilles riveraines. Le projet COMANCHE (Interactions écosystémiques et impacts anthropiques dans les populations de COquilles Saint‐Jacques de la MANCHE) se proposait d’améliorer la connaissance de la coquille Saint‐Jacques à l’échelle de l’ensemble de la Manche, à travers une approche écosystémique des pêcheries, en faisant appel à un large éventail de disciplines scientifiques (physique, chimie, génétique, écologie, géostatistique, modélisation, économie….) : localisation spatiale des gisements, connectivité entre gisements par dérive larvaire, variabilité des traits de vie et du recrutement, dynamique des communautés planctoniques et déterminisme des efflorescences d’algues toxiques, place de ce filtreur dans le réseau trophique, développement des espèces invasives, dont la crépidule, impact de son exploitation sur le substrat et enfin analyse des principaux circuits d’approvisionnement de cette espèce.

Ce projet s’inscrit dans une logique de développement durable d’une pêcherie, soutenue par l’administration, les collectivités territoriales et les associations professionnelles. Selon les différentes actions de recherche entreprises, des méthodes numériques de modélisation, de la cartographie, des techniques de biologie moléculaire, l’utilisation de marqueurs génétiques, des mises en culture en laboratoire, etc. ont été utilisées. Pour cela, le projet COMANCHE s’est appuyé à la fois sur l’utilisation de données in situ, à partir de séries chronologiques de données biologiques acquises soit lors de campagnes scientifiques à la mer menées depuis plus de 30 ans par l’Ifremer, soit obtenues directement dans le cadre du projet, mais également sur des données issues du flux déclaratif (statistiques de pêche) des navires de pêches. Une carte de la connectivité entre les différents gisements a été proposée, mettant en évidence trois unités fonctionnelles majeures (baie de Seine, golfe normano‐breton et côtes sud‐ouest de l’Angleterre). Par ailleurs, il a été montré que l’influence de la température de surface et des grands cycles climatiques explique les fluctuations inter‐annuelles du recrutement du stock de la baie de Seine, vraisemblablement en raison de l’effet de la température sur la gamétogénèse et les premiers stades du cycle de vie. Des avancées significatives ont été réalisées pour la compréhension de l’apparition des phénomènes algaux toxiques qui influencent grandement la stratégie d’exploitation de l’espèce : plus de 70 souches de 4 espèces de Pseudo‐nitzschia différentes ont été identifiées à partir d’échantillons prélevés en baie de Seine et ont été mises en culture. Une biopuce permettant l’identification rapide des différentes espèces de Pseudo‐ Nitzschia a été mise au point et pourra constituer un outil majeur de surveillance de ces espèces toxiques. Un modèle d’écophysiologie individuel ainsi qu’un modèle de dynamique des populations de l’espèce ont été mis au point. Ces modèles ont été couplés à un modèle d’écosystème afin d’être spatialisés à l’échelle de la Manche. L’analyse économique des pêcheries pose la question de l’adéquation entre les mesures de gestion et le fonctionnement du marché dans un contexte global de progression importante de la production de coquilles en Manche.

Coordination : Eric Foucher, Ifremer Port-en-Bessin

Partenaires :

Ifremer
UPMC/Station Biologique de Roscoff
UBO/LEMAR
UCN, Juliette FAUCHOT, UMR BOREA
UCN, Pascal CLAQUIN, UMR BOREA