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Contribution au recensement des cétacés dans l'archipel de Guadeloupe

Equipe 1 : Evolution des Biominéralisations et Adaptations aux Contraintes Environnementales

GANDILHON Nadège

Année de soutenance: 
2012
Résumé: 

L’objectif de ce travail est d’effectuer le recensement spatial et temporel, des cétacés évoluant dans l’archipel marin côtier de Guadeloupe sur 5278,69 km². Il s’agit en premier lieu de proposer, sur une échelle régionale, les descripteurs biologiques des populations composant le peuplement : la richesse spécifique, la composition faunistique, la taille moyenne des groupes, le taux de juvéniles, les catégories trophiques, le statut de résidence ainsi que les indices d’abondance, les densités et abondances relatives et une estimation de stock. Deuxièmement, l’analyse des caractéristiques de la répartition spatiale des groupes observés en Guadeloupe, vise à présenter les habitats prioritaires pour ces mammifères marins, à partir des indices de rencontre et de diversité par sites, des variables influentes sur leur distribution ainsi que certains déplacements à l’intérieur ou à l’extérieur de la zone d’étude. Sept jeux de données (2007 à 2011) ont été exploités sous unités d’effort horaire ou kilométrique, à partir des méthodes de transects maritimes, de recherches focales, mais également par la collecte de données historiques (2000 à 2006) et opportunistes. Pour compléter l’étude, un prototype semipermanent de suivi par acoustique passive a été déployé en-côte-sous-le-vent. Grâce à 325 relevés, 518 observations visuelles et 202 acoustiques ont permis de recenser 4 familles, 14 genres et 17 espèces représentant un effectif total cumulé de près de 5924 cétacés contactés dans les limites de 15 milles nautiques des côtes. Parmi les deux sous-ordres composant le clade des Cetartiodactyla, Odontoceti présente une dominance taxonomique dans l’archipel avec 16 espèces représentées, dont pour la famille des dauphins (Delphinidæ), 33% des espèces actuellement connues dans le monde. Six espèces plus rares ont été décrites, dont l’orque (Orcinus orca), le cachalot nain (Kogia sima) ou la baleine à bec de Gervais (Mesoplodon europeaus). Grâce au traitement de plusieurs descripteurs synthétiques (taux d’occurrence, de présence, de dominance et de fréquence relative), le peuplement a été examiné pour proposer six catégories résidentielles : espèces résidentes, semi-résidentes, temporaires ou occasionnelles et rares. En outre, une classification en groupes trophiques théoriques indique que les espèces teutophages, présentant des petites tailles de groupes, sont les plus rencontrées en côte-sousle-vent. Classés dans ce rang, près de 37 cachalots (Physeter macrocephalus), % CV 92,89 IC95% [18,91 – 52,45] sont présents tout au long de l’année, avec des taux de juvéniles inters saisonniers stables, mais une densité relative plus élevée en saison humide. Les carnivores sont les plus abondants, avec une dominance nette de Stenella attenuata dans l’archipel. La densité relative pour cette espèce résidente permanente est de 0,052 individus.km², % CV 90,16 représentant, selon différents modèles, une population de 270 à 300 dauphins tachetés pantropicaux, qui pour la majorité, sont observés encôte-sous-le-vent. Certaines populations semblent être composées de plusieurs unités distinctes territorialement, comme 83 à 103 grands dauphins, Tursiops truncatus (dont 61 identifiés) ou le sténo (Steno bredanensis). Parmi ces dauphins, certains individus résidents occuperaient de façon permanente des sites spécifiques, avec un niveau de fidélité suggéré à plus de dix ans pour une des plus anciennes ré-observation individuelle. Parmi les cétacés à fanons (Mysticeti), la baleine à bosse (Megaptera novaeangliae) migre vers les eaux côtières de la Guadeloupe de décembre à fin mai pour des fonctions de reproduction et de mise bas. Cette espèce semi-résidente temporairement est la plus rencontrée dans l’archipel, avec des densités relatives au km² plus significatives en façade côtière atlantique et au Sud de l’archipel. Grâce à un suivi individuel par télémétrie, il a pu être prouvé qu’au moins un individu de cette espèce pouvaient séjourner plus de huit jours consécutifs dans l’archipel. En 2010, une baleine à bosse de la baie du Moule à été suivie durant plus de 6300 kilomètres jusqu’au Sud de l’Islande, vers les Iles Féroé et d’autres baleines ont été examinées dans leur comportement migratoire au départ de la Guadeloupe. Ce lien avec le stock de l’Atlantique Nord-est a par ailleurs été confirmé avec la ré-observation en avril 2011 dans le Canal des Saintes d’un individu identifié pour la première fois en Islande, en 1992. Une estimation dynamique du stock propose que 442 baleines à bosse % CV 19,29, IC 95% [302-645] aient évolué dans l’archipel côtier entre les saisons sèches 2008 à 2011. Pour Avril, mois considéré durant les périodes historiques de chasse en Guadeloupe comme la période de pic de présence pour cette espèce, 449 baleines, % CV 21,95, IC 95% [292-691] sont estimées. Au niveau temporel, les variations inter saisonnières indiquent que la richesse spécifique est plus élevée en saison sèche qu’en saison humide. L’analyse de la répartition spatiale indique une dichotomie marquée dans la distribution des cétacés en zone côtière, avec une sectorisation est-ouest. Pour les facteurs du milieu considérés, l’occupation des sites parait essentiellement influencée par la bathymétrie, la latitude et les distances à la côte ainsi que l’isobathe 200 pour les informations principales et selon les espèces. Les stations de la côte-sous-le-vent et du nord de la Caraïbe contiennent les abondances les plus importantes ainsi qu’une richesse spécifique élevée, tandis que celles à l’Est ou au Sud présentent des diversités non négligeables composées de plus petites populations. Deux niveaux d’habitats marins selon des strates bathymétriques, une zone de continuum et quatre niches écologiques, sont proposés au Sud, en côte-sous-le-vent, au Nord et en façade atlantique. A partir de l’examen de quinze stations réparties tout autour de l’archipel de Guadeloupe, ces résultats préliminaires permettent de suggérer plusieurs motivations fonctionnelles pouvant expliquer en partie, la présence des cétacés en Guadeloupe

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