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Genetic and morphological discrimination of three species of ninespined stickleback Pungitius spp. (Teleostei, Gasterosteidae) in France with the revalidation of Pungitius vulgaris (Mauduyt, 1848)

30 jan 2018
Article à la Une
Mardi, Janvier 30, 2018 - 15:57
Isabelle MOUAS

Denys G.P.J., Persat H., Dettai A., Geiger M.F., Freyhof J., Fesquet J., Keith P. 2018. Genetic and morphological discrimination of three species of ninespined stickleback Pungitius spp. (Teleostei, Gasterosteidae) in France with the revalidation of Pungitius vulgaris (Mauduyt, 1848). Journal of Zoological Systematics and Evolutionary Research, 56, 77-101.

La taxonomie des épinochettes en France (Pungitius spp.) a longtemps été discutée. Pour la clarifier, nous avons utilisé des marqueurs mitochondrial (COI) et nucléaire (RNF213), ainsi que des données morphologiques. Chaque marqueur discrimine 3 lignées évolutives. Les analyses morphologiques réalisées sur des spécimens frais et des types soutiennent les différentes lignées et l’existence de 3 espèces en France. 

Pungitius pungitius, se trouvant dans le Nord de la France et dans le bassin du Rhône, est caractérisé par une tête plate avec un museau droit ou légèrement concave, 9–10 épines dorsales, 10–11 rayons mous dorsaux, 9–10 rayons mous anaux, 0–12 scutelles sur le pédoncule caudal formant une carène atteignant le dernier rayon anal, des nageoires pelviennes, une longueur post-dorsale et un pédoncule caudal plus longs, et ce dernier est aussi plus fin (largeur/longueur 11.8%–21.9%). 

Pungitius laevis, se trouvant dans les bassins de la Manche et de la Loire, se distingue par une tête ronde avec un museau concave accentuant l’impression de lèvres charnues, 0–4 scutelles sur le pédoncule caudal et un ratio largeur/longueur du pédoncule caudal plus élevé (15.7%–34.5%).

Enfin, Pungitius vulgaris, endémique de la Vienne et des rivières du Sud-Ouest de la France jusqu’à l’estuaire de la Garonne, est différenciée par une tête ronde avec un museau droit ou légèrement convexe, l’absence de scutelles sur le pédoncule caudal et par 11 rayons à la nageoire pectorale.

Nos données confirment l’existence d’une zone d’hybridation dans le Nord de la France entre P. pungitius et P. laevis. Egalement, Pungitius lotharingus est invalide, comme il a été décrit à partir de spécimens hybrides. Un lectotype de P. laevis a été désigné parce que les syntypes incluaient des hybrides. Cette révision donne de nouvelles perspectives pour des études de biologie évolutive et auront des conséquences pour la conservation des épinochettes en France.

Contacts BOREA :

Gaël Denys, gael.denys@mnhn.fr
Philippe Keith, philippe.keith@mnhn.fr