SU Paris
Doctorante
Sorbonne Université
BIOPAC

Ecole doctorale

ED227

Contrat

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Responsable(s)

Fabienne Audebert & Marjan Mashkour

Financement

Eiffel Excellence Scholarship
Thèmes de recherche

Le fleuve nourricier : parasites zoonotiques d'origine aquatique et issus des poissons, et leurs origines le long de la vallée inférieure de l'Indus (Sindh, Pakistan) : impact à long terme sur l'homme et implications pour la santé publique

L’Indus soutient l’économie et la culture du Pakistan depuis des milliers d’années et fournit des ressources alimentaires aux populations rurales. Il peut également constituer une voie de transmission de zoonoses. Les parasites zoonotiques d’origine aquatique peuvent contaminer l’homme par contact avec de l’eau contaminée, par la consommation d'eau, de crustacés d'eau douce ou de poissons. Ces parasites aquatiques affectent également les écosystèmes aquatiques, l’aquaculture et la pêche.

Chez l’homme, ces infections peuvent provoquer des troubles gastro-intestinaux et, dans les maladie graves. Les maladies parasitaires constituent un problème de santé publique au Pakistan, où l’accès à une eau de qualité suffisante est limité. Le Sindh, où de nombreuses communautés rurales dépendent directement du fleuve, a été la province la plus touchée par les inondations de 2022, qui ont gravement dégradé la qualité de l’eau. La manière dont les parasites zoonotiques aquatiques circulent entre l’eau, les animaux et les personnes dans le bassin inférieur de l’Indus, aujourd’hui et par le passé, reste à documenter.

Mes recherches visent à documenter l’état actuel du parasitisme d’origine aquatique le long de la vallée inférieure de l’Indus et à retracer l’histoire des infections parasitaires dans cette même région. Le Sindh est la deuxième province la plus peuplée du Pakistan, et de nombreuses communautés rurales situées sur ses plaines alluviales dépendent des ressources aquatiques du fleuve.

Pour le volet actuel, je vais me focaliser sur les zoonoses présentes au Pakistan en étudiants les parasites présents en milieu aquatique à la fois dans l’eau et chez les crustacés et poissons consommés dans l’alimentation. 

Pour le volet passé, je vais explorer les sédiments de Chanhu-daro, un centre urbain majeur de la civilisation de la vallée de l’Indus, fouillé depuis 2015 par la Mission archéologique française dans le bassin de l’Indus. Des ouvrages hydrauliques destinés au stockage de l’eau et à l’assainissement y ont été mis en évidence, et les poissons et les tortues occupaient une place importante dans le régime alimentaire. Les sédiments seront analysés à l’aide de protocoles standard de paléoparasitologie et de microscopie optique. Le projet associe la parasitologie, la paléoparasitologie et l’archéozoologie dans une approche « One Health ». 

Ce projet visera à déterminer si la répartition des parasites zoonotiques suit un gradient lié à la qualité de l’eau, au débit saisonnier et, éventuellement, aux espèces de poissons, et évaluera la présence éventuelle de parasites zoonotiques à Chanhu-daro. En tant qu’étude pilote, elle fournira des données sur les parasites d’origine aquatique présents aujourd’hui dans le Sindh et offrira une vision à long terme des interactions entre les humains, les animaux et leur environnement, avec des implications pour la gestion des maladies zoonotiques et la santé publique au Pakistan et dans des régions comparables.