INCIDENCE, Interactions et communication chimique entre les diatomées toxiques Pseudo-nitzschia et les consommateurs primaires planctoniques

Projet à la Une 4 mai 2020

INCIDENCE, Interactions et communication chimique entre les diatomées toxiques Pseudo-nitzschia et les consommateurs primaires planctoniques

Les diatomées du genre Pseudo-nitzschia sont des micro-algues faisant partie intégrante de la communauté phytoplanctonique dans de nombreux écosystèmes côtiers et estuaires du globe, dont la baie et l’estuaire de Seine. Au sein de ces écosystèmes, la synthèse d’une neurotoxine, l’acide domoïque, par l’algue Pseudo-nitzschia et son accumulation dans différents compartiments du réseau trophique engendrent des risques sanitaires importants, en particulier liés à la consommation de coquillages. Ces évènements toxiques ont ainsi un fort impact socio-économique, en particulier sur les filières de pêche à la coquille Saint-Jacques. La plupart des études ayant jusqu’à maintenant porté sur l’influence des facteurs abiotiques sur le développement et la toxicité des Pseudo-nitzschia, il n’existe aucune information, en baie de Seine, sur la contamination par l’acide domoïque dans les compartiments pélagiques autres que phytoplanctonique ou sur l’influence des interactions biotiques sur la production de toxine chez Pseudo-nitzschia. Pourtant, les interactions entre Pseudo-nitzschia et ses consommateurs primaires planctoniques sont des processus cruciaux à appréhender car ils influencent la production et le transfert de la toxine dans le réseau trophique pélagique et, à terme, son éventuelle bioaccumulation dans les niveaux trophiques supérieurs. Des travaux récents montrent, par exemple, une influence des interactions entre certaines espèces de copépodes et de Pseudo-nitzschia sur la production de toxine des algues et les taux de broutage des copépodes. Cependant, les espèces de Pseudo-nitzschia et de copépodes se développant en baie et estuaire de Seine n’ont pour l’instant fait l’objet d’aucune étude sur leurs interactions.

L’objectif de ce projet est d’étudier les interactions entre les espèces toxiques du genre Pseudo-nitzschia typiques de la baie et de l’estuaire de Seine et les consommateurs primaires zooplanctoniques, ainsi que leurs conséquences en termes de physiologie et de toxicité au sein des deux compartiments. Grâce à une approche en laboratoire en conditions contrôlées, ce projet permettra de répondre à différentes questions scientifiques interconnectées : 1) Quelle est l’influence des consommateurs primaires zooplanctoniques sur la physiologie (croissance, état physiologique) et la production de toxine chez les diatomées toxiques du genre Pseudo-nitzschia se développant en baie et estuaire de Seine ? 2) L’acide domoïque affecte-t-il la physiologie (marqueurs de neurotoxicité, transcriptomique) et le comportement des organismes zooplanctoniques de ces écosystèmes ? et 3) Quelles molécules sont impliquées dans la communication chimique régissant les interactions entre le compartiment diatomées toxiques et le compartiment zooplanctonique ?

Financeur :  Région Normandie

Coordinateur du projet : Juliette FAUCHOT, BOREA, Université de Caen Normandie, juliette.fauchot@unicaen.fr

 
Portrait de Juliette FAUCHOT
Juliette FAUCHOT
UCN Caen
Maître de Conférences
ECOFUNC
Université Caen Normandie (UCN)
Publié le 07 mai 2020
Mis à jour le 07 mai 2020