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Atlantic Multidecadal Oscillations drive the basin-scale distribution of Atlantic bluefin tuna

7 jan 2019
Article à la Une
Jeudi, Février 7, 2019 - 14:30
Isabelle MOUAS

R. Faillettaz, G. Beaugrand, E. Goberville, R. R. Kirby, Atlantic Multidecadal Oscillations drive the basin-scale distribution of Atlantic bluefin tuna. Sci. Adv. 5, eaar6993 (2019).
https://doi.org/10.1126/sciadv.aar6993

Le thon rouge de l’Atlantique (Thunnus thynnus), une des espèces de poisson les plus emblématiques de nos océans et les plus commercialement exploitées, mais aussi une des plus menacées, est de retour en Europe du Nord depuis quelques années. L’espèce, autrefois pêchée abondamment en Manche et mer du Nord, avait rapidement disparu de cette zone au début des années 1960. L’étude menée par Robin Faillettaz (Université de Lille), Grégory Beaugrand (CNRS), Eric Goberville (Sorbonne Université) et Richard Kirby (Fondation Secchi Disk) dans le cadre du programme scientifique CLIMIBIO (http://climibio.univ-lille.fr/) montre que la variabilité hydroclimatique à large échelle spatiale, et notamment les phases d’alternance positives et négatives de l’AMO, explique la présence ou l’absence de ce grand prédateur en Manche et mer du Nord. Pour arriver à ces conclusions, les scientifiques ont examiné (1) l’intensité des captures de thon rouge dans l’océan Atlantique Nord-Est au cours des derniers siècles et (2) les changements de distribution spatiale de l’espèce. Les résultats sont sans équivoque : l’AMO module les fluctuations d’abondance du thon rouge et contrôle sa distribution géographique. Bien que le retour du thon rouge en Europe du Nord pourrait inciter les gestionnaires de pêcheries à relaxer les quotas actuels de pêche, l’abondance totale de l’espèce n’aurait pas nécessairement augmenté. Seule sa distribution spatiale aurait été modifiée, les augmentations locales d’abondance dans certaines zones étant probablement compensées par des diminutions locales dans d’autres régions. Il serait par conséquent dangereux d’acter trop hâtivement l’augmentation des quotas de pêche. Un examen plus approfondi de l’origine des causes de variations d’abondance du thon rouge doit être mené sur l’ensemble des zones où l’espèce est actuellement observée. (http://www.insu.cnrs.fr/node/9701).

Contact BOREA : Eric Gobervilleeric.goberville@upmc.fr